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Ateliers scolaires

À vos plumes !

By 13 septembre 2021No Comments

À l’école Albert-Naud d’Alma, on a entendu dire que les élèves se sont métamorphosés en oiseaux et qu’ils ont pris la plume pour témoigner de l’expérience. Une légende relaterait même leur prodigieuse aventure…

Calligrammes, bouts rimés, récit, performance théâtrale et art postal au programme. Nous nous sommes bien amusés.

Charles Laperdrix tient à remercier toutes et tous les emplumés!
*

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LA CHOUETTE ÉCOLE

Dans une petite localité du Nord,

joliment perchée sur une île,

vivait une population tranquille,

comblée par un heureux sort.

Jusqu’au jour où s’abattit sur elle

une farce légère du Destin.

Était-ce le mauvais tour d’un esprit plaisantin,

nul le sait.

Toujours est-il

qu’un prodigieux phénomène toucha Naudville.

C’était la fin d’un jour d’été.

Le vol des oiseaux

n’avait jamais paru aussi beau.

Haut dans les airs, on planait,

sur les lacs, on plongeait ;

ça virevoltait aux mangeoires

et voltigeait dans la forêt.

Soudain, quand vint le soir,

comme si le ciel avait frappé des mains,

tous les oiseaux s’envolèrent

Pour ne plus reparaître.

C’est alors que cela advint :

filles et garçons furent atteints.

Voilà que la métamorphose

– c’est le nom de la chose –

venait de naître.

Un nouveau corps apparut

à tous les enfants, coquins ou sages,

un véritable plumage,

un joli bec en plus,

et le pouvoir de s’envoler.

Laissez-les vous raconter.

(Suivent les phrases de métamorphose.)

Afin d’élucider l’affaire,

On décréta une grande assemblée.

Tous les métamorphosés de Naudville,

Magnifiquement emplumés,

firent de l’école une grande volière

Où ils vinrent se nicher.

Puis ils se présentèrent.

(Suivent les phrases de présentation.)

Sitôt les présentations achevées,

une vive discussion

s’empara de l’assemblée.

Que s’était-il passé ? Et que fallait-il faire ?

On piailla autour de ces questions

jusqu’à la nuit tombée.

Sortant de la noirceur

comme si c’était son trône,

la chouette avança son beau visage gris,

ouvra grand ses yeux jaunes,

Et le silence se fit.

Huhulant, elle dit :

« Pour nous sortir des brumes,

je propose que chacun et chacune

se penche sur les nouveaux pouvoirs

que lui procurent ses plumes. »

Installées sous la lune

et son beau clair-obscur,

les créatures à plumes

commencèrent à parler

selon leur envergure.

(Suivent les phrases de pouvoirs de plume.)

« Ma plume d’aigle porte si loin

que je vois les détails du lendemain. »

« Ma plume argentée de goéland

libère du train-train ennuyant. »

« Faire fructifier, c’est le don

De la plume du dindon. »

« Mon joli bleu de geai m’a donné

Le pouvoir de stimuler la pensée. »

« Grâce à mes plumes de colombe

Le moindre conflit tombe. »

Chacun put témoigner

de ses fabuleux pouvoirs.

Mais il serait trop long de les énumérer.

C’était désormais la nuit noire

et l’énigme n’était pas réglée.

Les tout petits oiseaux,

aux accents matinaux,

commençaient à bailler.

Le coq qui chante tôt

proposa que bientôt

on lève l’assemblée.

La perdrix sortit de son coin,

et se mit à pirouitter :

« Maintenant que j’ai

une petite tête de gélinotte,

une grande question y flotte.

Je passe mon temps à me demander :

quelle est ma plume la plus utile ?

Cette question vous paraît futile ?

Ayez la sagesse de m’en libérer !

Dites-moi quelle est la plume

dont je ne saurais me passer.

Celle qui se dresse sur ma huppe ?

Celle que déploient mes ailes ?

Celle qui compose ma queue ?

Celle qui réchauffe mon portrail ?

Ou celle qui colore mes flancs ?

Me réponde qui peut. »

Surprise sur le coup,

L’assemblée garda le silence.

Puis les évidences

se mirent à fuser de partout.

« La plume tachetée de tes flancs

t’évite le renard et sa dent. »

« À force de plumes sur le poitrail,

tu as un manteau d’hiver à ta taille. »

« Comment te diriger où tu veux

sans les plumes de ta queue ? »

« Quand tu déploies les ailes,

ce sont les plumes qui t’emportent avec elles. »

« Pas de plume pour te rendre huppée ?

Adieu la moindre couvée !  »

Après tant de bonnes réparties,

la pauvre perdrix

se trouva fort mélangée.

Heureusement que la chouette

trancha la question tout net.

« Perdrix, mon amie,

entends bien ce qui suit.

Pour voler, te réchauffer,

te reproduire, te diriger,

ainsi que te camoufler,

yu as besoin de toutes tes plumes.

Aucune n’est de trop

ni ne doit te manquer.

Te voilà sortie des brumes ?

Maintenant, il est tard,

tous ont mérité le repos. »

À ces sages mots,

chacun des métamorphosés

regagna son plumart.

Au matin, les enfants avaient retrouvé

leur apparence naturelle.

Mais pas un ne perdit

Ses pouvoirs exceptionnels.

Pas même la perdrix.

(Échange des signes de pouvoirs.)

La mine de leur crayon

Se fit plume d’écriture.

Le carnet devint le nid sûr

où pondait l’inspiration.

Les pages, aussi blanches qu’un œuf,

Se remplissaient de mots neufs.

Même la couverture emprunta ses coloris

Au plus bel arc-en-ciel.

C’est ainsi qu’emplumés de beauté,

Tous les carnets déployèrent leurs ailes.

(Envol des carnets.)

On raconte que certains soirs,

Quand le vent bricole

De jolies feuilles aux bouleaux,

On peut voir s’envoler très haut

Toutes les lettres et leurs histoires.

En l’honneur du nicorace futé

Qui perça le mystère

Et fit de l’énigme son affaire,

ce lieu fut nommé

la Chouette école.

Si vous passez par là, la nuit,

à l’heure où les dormeurs leur nid,

vous entendrez piailler

toutes les légendes du quartier…